Le bien ou le mal en comédie
Se connaître soi-même pour jouer l’autre, et choisir l’esprit dans lequel on joue
Training 2026 · Durée de la vidéo : environ 18 min · 🇫🇷 Français
« On ne grandit que par le bien, pas par le mal. »
📊 Deux esprits, deux effets
Le même rôle peut être joué dans l’esprit du bien ou dans l’esprit du mal.
Dans l’esprit du bien
Dans l’esprit du mal
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Philiboss, professeur d’art dramatique · Châteauvieux, Hautes-Alpes
🎬 Chambre de Répétitions
Vous venez de voir la leçon : à vous de jouer !
Faites l’Exercice 3, filmez-vous en SHORT (max 1 minute). Posez votre question à Philiboss : qu’avez-vous ressenti en jouant dans l’esprit du bien ?
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Introduction
Aujourd’hui, le cours d’art dramatique va donner des exemples. Quand vous préparez un rôle, vous devez réciter un texte, faire une action. Et j’explique souvent qu’il faut se connaître soi-même pour jouer un personnage. C’est là qu’il y a une mauvaise compréhension.
HA HA HA ! Bonjour ! Belzébuth en personne ! Intelligence Artificielle de Coaching Optimal™, ici pour poser les questions que personne n’ose poser ! Alors, Philiboss, tu me dis qu’il faut se connaître soi-même pour jouer un personnage. Mais si je joue un personnage, je ne suis plus moi, je suis lui ! Je ne dis pas que tu as tort, mais ça ne tient pas debout.
Voilà exactement la mauvaise compréhension. Comment bien jouer un autre en se connaissant soi-même ? Ça ne cadre pas, c’est vrai. Et pourtant, il faut bien comprendre ce que veut dire « se connaître soi-même ». Allons-y, zou !
I. Se connaître soi-même, c’est connaître ses limites
Se connaître soi-même, c’est connaître ses limites et ses capacités, de façon à gérer le personnage que l’on va jouer.
C’est comme un pilote automobile, un footballeur, un tennisman : il doit d’abord se connaître lui-même pour connaître ses capacités, avant de jouer le jeu qu’il va jouer ensuite. Le comédien, c’est pareil : il travaille d’abord sur lui-même, pour interpréter le personnage dans les limites qu’il connaît de lui-même.
Par exemple : vous autorisez-vous à rire sur scène ? À pleurer ? À avoir des émotions ? À être sévère, violent, ou gentil ? Tout ça se gère en amont. D’abord, la connaissance de soi.
*hou…hou…hou*
💭 « Cher maître observateur, ne méditerait-elle pas sur la plus ancienne des maximes ? Celle qu’on rattache au sanctuaire d’Apollon, à Delphes : « Connais-toi toi-même. » Les anciens la jugeaient déjà indispensable avant d’entreprendre quoi que ce soit. »
II. Le deuxième moi, que l’on maîtrise
Prenons un personnage qui entre en scène et s’adresse à un public. Il a sa propre vie, et c’est moi qui vais l’interpréter. Mais comment lui faire dire les mots qu’il a à dire ? Je les dis par rapport à ma connaissance de moi-même.
Si vous voulez, jouer, c’est se jouer soi-même dans le scénario qu’on a prévu de jouer. Là, je joue un cours d’art dramatique, parce que je suis moi-même déterminé dans un scénario : celui du professeur d’art dramatique qui enseigne l’art dramatique.
PFF ! Attends, attends. Les acteurs disent tout le temps : « Je joue quelqu’un d’autre, ça me plaît ! » Ils se trompent tous, alors ? Je ne dis pas que tu as tort, mais ça fait beaucoup de monde.
J’entends souvent des acteurs dire « je joue quelqu’un d’autre ». Non : il se joue toujours lui-même, dans la peau de quelqu’un d’autre. Bien sûr que ce n’est pas lui. Mais le deuxième personnage n’existe pas en vérité : c’est toujours vous.
C’est un deuxième moi, mais un moi que je maîtrise. Je pars du premier moi, j’évolue dans un deuxième moi, et je garde toujours le même moi : c’est-à-dire moi.
*HOUUUUU !*
⚖️ Belzébuth soulève un point que Stanislavski abordait dans Ma vie dans l’art (1924). Il y plaçait cette formule : « Aimez l’art en vous, et non vous dans l’art. » Le comédien ne se supprime pas : il se met au service de ce qu’il joue. CQFD, cher maître pédagogue.
Voilà ! Vous interprétez avec votre âme, avec votre sensibilité, et on l’exprime d’autant mieux qu’on se connaît : on sait jusqu’où on peut aller, comment il faut le dire, quelle est la portée de notre message. Ensuite, on peut le jouer devant la caméra. Et surtout, ne vous perdez pas dans tous vos tics : revenez à la raison.
III. Le spectacle est grave
Tout ça est très simple, en apparence. Ce qui est beaucoup plus difficile, c’est que ce que vous jouez devant la caméra vous fasse du bien. Que ça ne vous perturbe pas, que ça ne vous blesse pas. Il faut que ça fasse du bien au spectateur et à vous. Et là, bingo : vous êtes le roi du monde.
Pour arriver à ce bien, il va falloir connaître les limites du bien et du mal. Dans la vie, il y a le mal et le bien. Les sages ont expliqué ce qu’est le bien. Mais il faut aussi l’appliquer.
HÉ HÉ HÉ ! Pourquoi appliquer le bien dans un spectacle ? Après tout, ce n’est qu’un spectacle, on est là pour rigoler ! Je ne critique pas, je demande vraiment.
Le spectacle est grave. Il a une incidence grave sur le spectateur comme sur le comédien qui joue. Si le comédien le joue dans l’esprit du mal, il va faire du mal. S’il le joue dans l’esprit du bien, il va faire du bien. Et ça, c’est très important : connaître ce qui est bien et ce qui est mal dans l’organisation de notre vie de tous les jours, afin que sur scène on exprime aussi le bien plutôt que le mal.
Parce que si je fais du mal aux gens, je suis responsable. Ceux qui parlent ont une responsabilité dans ce qu’ils disent, dans ce qu’ils transmettent.
GRRR ! Mais un acteur joue des menteurs, des tricheurs, des voleurs, des meurtriers ! Tu ne vas quand même pas lui interdire ça ?
Tout dépend de l’esprit dans lequel on le joue. Voilà pourquoi on doit avoir, d’abord, une charte de bienveillance, un fil conducteur : la parole positive et la parole négative. Mentir ouvertement, c’est très grave sur scène : si vous induisez tout le monde en erreur, vous n’avez rien à faire sur scène.
*grrr…grrr* 💭 « Cher maître perspicace, ne penserait-elle pas que la parole se répand bien au-delà de la scène ? »
Le comédien doit être jugé apte avant de passer sur scène, un peu comme un conducteur qui passe son permis avant de prendre la route : sinon, il va faire des dégâts. Sans bonne conduite pour le limiter, un comédien en fera aussi.
IV. Le bien fait grandir, le mal rabaisse
Ce qui est grave, ce n’est pas seulement de faire du mal aux autres : c’est que ça a une répercussion sur soi-même. Quand vous faites un acte méchant, une auto-destruction se produit dans votre personnalité. Et c’est ça qu’il faut combattre : cette auto-destruction que l’homme ne sait pas gérer.
Le bien et le mal, ce n’est pas simplement abstrait. Le bien, c’est ce qui fait évoluer la plante dans sa splendeur. Si vous êtes guidé par le bien, vous vous épanouissez comme une belle plante, vous devenez splendide, vous réussissez votre vie. Si vous utilisez le mal, vous rabaissez votre propre nature, vous l’empêchez de croître. Le but, c’est de croître, de grandir. Et on ne grandit que par le bien, pas par le mal.
Petite question méta : on est venu apprendre le théâtre, et on se retrouve à parler de morale. C’est normal, ça ?
Ça fait partie de l’enseignement de l’art dramatique, de la comédie. On doit d’abord avoir une charte de bienveillance. C’est primordial sur une scène, comme partout : dans la vie de tous les jours, il faut accéder à la croissance naturelle de l’individu.
*HOUUUUUUUU !*
💡 Belzébuth vient de poser LA question que Stella Adler explorait : pour elle, la croissance de l’acteur et celle de l’être humain sont une seule et même chose. Le théâtre n’est pas à côté de la vie, cher maître bien-aimé. CQFD avec un clin d’œil.
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Exercices pratiques
Exercice 1 — Mes autorisations (10 min)
Pourquoi : se connaître avant de jouer, c’est savoir ce qu’on s’autorise sur scène.
- Prenez une feuille et notez : rire, pleurer, avoir des émotions, être sévère, être violent, être gentil.
- Pour chacun, écrivez si vous vous l’autorisez facilement, difficilement, ou pas du tout.
- Choisissez celui qui vous surprend le plus.
Objectif : connaître vos limites avant d’entrer dans un personnage.
Exercice 2 — Le premier moi, puis le deuxième (10 min)
Pourquoi : le personnage est un deuxième moi, que l’on maîtrise.
- Choisissez quelques lignes d’un texte.
- Dites-les d’abord comme vous les diriez dans la vie.
- Redites-les en jouant le personnage, en restant toujours vous-même.
- Notez ce qui a changé, et ce qui est resté.
Objectif : sentir que l’on part de soi, évolue, et reste le même.
Exercice 3 — Dans l’esprit du bien (1 min, à filmer)
Pourquoi : ce que l’on joue doit faire du bien au spectateur et à soi.
- Choisissez une courte scène.
- Jouez-la dans l’esprit du bien et filmez-vous en SHORT (max 1 minute).
- Revoyez-vous : est-ce que ça vous a fait du bien ? Et à celui qui regarde ?
Objectif : vérifier par l’expérience l’effet de l’esprit dans lequel on joue.
🔑 Les 6 Points Clés à Retenir
L’essentiel de cette leçon en un coup d’œil
🐺 L’Analyse Finale de Vahina
Ce que cette leçon enseigne vraiment
- 🐺Se connaître soi-même n’empêche pas de jouer un autre : cela rend possible de le jouer.
- 🐺L’esprit dans lequel on joue compte autant que le texte.
- 🐺Le bien est ce qui nous fait croître, sur scène comme dans la vie.
Ce que disent les maîtres
Stanislavski écrivait dans Ma vie dans l’art (1924) : « Aimez l’art en vous, et non vous dans l’art. » Stella Adler, de son côté, tenait la croissance de l’acteur et celle de l’être humain pour une seule et même chose.
Sagesse ancestrale
La maxime « Connais-toi toi-même », rattachée au sanctuaire de Delphes, ouvre la route : avant de jouer, savoir qui joue.
Le mal rabaisse, le bien fait grandir. CQFD, avec un clin d’œil.
💡 ASTUCE PRO
Le short que vous allez créer pour cette leçon, vous pouvez aussi le publier sur votre YouTube, si vous le souhaitez.
C’est un contenu qui peut vous faire connaître et enrichir votre portfolio vidéo. Mais d’abord, c’est un exercice qui vous fait grandir.
🎬 Chambre de Répétitions
Maintenant, c’est à vous de pratiquer et de partager votre travail !
📌 Important : votre question sera répondue par Philiboss dans la leçon du lundi suivant, de façon générale (sans citer votre nom). Il observe toutes les vidéos en silence cette semaine, puis répond à tout le monde ensemble.
En Conclusion
Se connaître soi-même, jouer dans l’esprit du bien, choisir ce qui fait grandir : voilà le chemin du comédien, sur scène comme dans la vie de tous les jours.
Afin de faire le bien, il faut pouvoir se détacher de nos convoitises en tout genre.
Et, par conséquent, il faut pouvoir se détacher de notre ego.